A propos de la viande de cheval dans les plats cuisinés | Diététique et santé

A propos de la viande de cheval dans les plats cuisinés

Le scandale de la viande de cheval retrouvée dans des plats cuisinés surgelés de fabrication française a pour effet de renforcer la suspicion des consommateurs à l’égard des produits de l’industrie agroalimentaire. La tromperie est avérée donc condamnable, et justifie le renforcement des mesures de traçabilité. Les produits importés échappent plus facilement à la vigilance des fabricants, et cette affaire aura au moins le mérite d’encourager l’emploi de matières premières de production française, comme l’a fait en son temps la crise de la vache folle (voir Les viandes,  Quand les vaches deviennent folles). A l’heure où le « produire français » est fortement encouragé sur le plan économique, ce scandale tombe finalement plutôt bien…

Du côté des consommateurs, l’événement fait le buzz. Allant faire mes courses il y a quelques jours dans le magasin de produits surgelés de mon quartier, j’ai pu constater le retentissement de cette affaire auprès des consommateurs : chacun y allait de sa bonne blague – dans le style « et cette crème glacée, elle est garantie sans viande de cheval ?» – adressée à une caissière qui devait bien maîtriser ses chakras puisqu’elle gardait le sourire et ne laissait paraître aucune lassitude.

Me rendant le soir même à un repas chez des amis où nous nous régalions d’une excellente moussaka maison pur bœuf, le sujet n’a pas tardé à revenir sur le devant de la scène et à alimenter les conversations pendant au moins une demi-heure !

Mais qui regarde vraiment la liste des composants des plats cuisinés qu’il achète (voir Comprendre l’étiquetage, La liste des ingrédients)? Peut-être un peu plus de monde désormais. Le consommateur devient exigeant et c’est tant mieux, car il y a encore de gros progrès à faire sur le plan de la qualité des ingrédients utilisés dans ce type de marchandises.

Tout ceci a l’effet inattendu de donner un coup de projecteur sur la viande de cheval dont les ventes, contre toute attente, ont augmenté de 10 à 15% ces dernières semaines ! Elle en avait bien besoin si l’on se réfère aux chiffres suivants : sa consommation est passée de 1,7kg par habitant et par an dans les années 70 à moins de 300g/habitant/an à ce jour, soit seulement 0.32% de la viande consommée dans notre pays ! Si l’on compte  aujourd’hui 745 boucheries chevalines sur le territoire, leur nombre devrait réduire de moitié d’ici à 5 ans.

Pourtant, la viande de cheval ne manque pas d’avantages sur le plan nutritionnel : riche en protéines (20%), elle est remarquablement peu grasse (2 à 4% de lipides, ce qui équivaut au lapin et au poisson – contre 10% en moyenne pour le bœuf), ses graisses étant prioritairement des graisses insaturées à privilégier dans notre alimentation (cf « Bonnes et mauvaises graisses – « saturés, insaturés ») , et est aussi très riche en Fer bien assimilé – ce qui la fît couramment recommander au siècle dernier pour traiter l’anémie (voir Minéraux et vitamines, Les oligo-éléments, petits amis de notre corps) – ainsi qu’en vitamines B12, B3 et B6. Les cas de trichinellose, maladie parasitaire parfois grave véhiculée par les viandes de porc, sanglier et cheval mal cuites, sont aujourd’hui devenus rarissimes  grâce à une législation imposant des contrôles draconiens (depuis 2000, 5 cas seulement observés, et sur des viandes d’importation uniquement). Enfin, les législateurs ont pris soin d’imposer pour  les chevaux les conditions d’abattage les plus strictes et les plus respectueuses du bien-être animal.

En bref, il ne faut pas se tromper de scandale : la tromperie est inadmissible, mais la viande de cheval n’a rien à se reprocher ! Sa faiblesse : une mauvaise image, à l’heure où le cheval adopte petit à petit un statut proche de celui de la vache sacrée en Inde. Quoi de plus adorable qu’un lapin ? Quoi de plus sympathique qu’une vache ? Quoi de plus majestueux qu’un cheval ? Tout ceci est bien subjectif, à moins que l’on ne préfère opter pour le végétarisme, lui aussi très en vogue. Mais c’est un autre sujet…

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