La vitamine K : un cas à part

Le rôle de la vitamine K comme facteur de coagulation sanguine est connu depuis longtemps. Son intérêt ne s’arrête pourtant pas là. De récentes études menées au Japon lui confèrent désormais un pouvoir antioxydant majeur, la plaçant peut-être même au-dessus de la vitamine E et de la co-enzyme Q-10.  Son rôle dans la prévention de l’ostéoporose semble aussi se confirmer. Ce rôle est double : la vitamine K est nécessaire à la production de l’ostéocalcine, protéine qui fixe le calcium dans la matrice osseuse, et son pouvoir antioxydant permet de maintenir dans le temps l’efficacité de l’ostéocalcine. En effet, cette protéine est fragile : elle est à terme attaquée par un radical libre qui accélère son oxydation. Ce phénomène bien connu est appelé « carboxylation ». Or, si elle est présente en quantité suffisante, la vitamine K neutralise ce radical libre. Il faudra donc compter avec la vitamine K dans la lutte anti-ostéoporose, désormais alliée du trio calcium – vitamine D – magnésium.

Ses propriétés antioxydantes sont également utiles dans la lutte contre l’athérosclérose. Rappelons-le, si nos artères viennent parfois à se boucher, c’est à cause de l’accumulation de calcium et de graisses oxydées qui forment des « plaques d’athérome ». Les artères se rétrécissent ainsi progressivement, et entravent le flux sanguin, faisant monter la pression sanguine. L’hypertension artérielle, les risques d’insuffisance cardiaque, d’infarctus du myocarde et de thrombose artérielle découleront de ce processus. Dans une étude clinique menée à Rotterdam sur 4500 individus, les chercheurs ont constaté une moindre calcification de l’aorte (principale artère qui mène au cœur) chez les patients qui se sont vus administrer un supplément de vitamine K. D’autres études confirment le rôle protecteur de cette vitamine, constatant que les artères bien alimentées en vitamine K sont plus flexibles et élastiques, et montrant une baisse de 50% du nombre de décès dus à des pathologies cardiaques lorsqu’on maintient des taux optimaux de vitamine K.

A l’instar des autres antioxydants connus, la vitamine K aurait aussi son rôle à jouer dans la prévention de certains cancers et de pathologies dégénératives telles que la maladie d’Alzheimer.

Ne vous précipitez pas pour autant sur des pilules, invitez-la plutôt dans votre assiette : le thé vert, les navets, les épinards, la famille des choux, les asperges, les feuilles vertes de la laitue, les haricots verts sont d’excellentes sources de vitamine K.

Attention : les apports en vitamine K doivent être  limités dans le cadre de certains traitements anticoagulants. En cas de doute, parlez-en à votre médecin.

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