Le Coca en voit de toutes les couleurs

Le Coca se trouve placé au coeur d’une nouvelle polémique. Cette fois-ci, le présumé coupable est un colorant utilisé dans le Coca-Cola et le Pepsi-Cola, mais aussi dans certaines bières et dans la sauce soja, sous la dénomination « colorant caramel ».

Comme cette dénomination ne l’indique pas, il s’agit d’un concentré de produits chimiques brun foncé dont le véritable nom est 4-methylimidazole (4-MEI). II est certain que le 4-MEI ne mérite pas une dénomination anodine qui évoque une origine naturelle. Cependant, rien n’est sûr quant à sa toxicité.

La polémique est partie l’an dernier d’une association américaine de défense des consommateurs, le Centre pour la science dans l’intérêt du public (CSPI), qui a demandé l’interdiction de cette substance à l’administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments (FDA).La CSPIs’appuyait sur une étude menée chez les rongeurs révélant un pouvoir cancérigène du 4-MEI à forte dose (l’équivalent de plus de 1000 canettes par jour à l’échelle humaine !), renforcée par de nouveaux tests montrant une toxicité accrue lorsque la substance serait associée à de l’ammoniac ou des sulfites, comme c’est le cas dans les sodas bruns.

L’Etat de Californie a joué la prudence extrême, fixant à 29 microgrammes le niveau maximum de 4-MEI conseillé sur la journée et obligeant les industriels à faire apparaître un message d’avertissement au-delà de cette limite. Une canette de 35 cl (contenance américaine) de Coca-Cola, Pepsi-Cola ou Coca-Light en contient 100 à 150 microgrammes, ce qui situe ces produits largement au-dessus du seuil toléré.

Mais qui faut-il croire si l’on se réfère à la législation européenne qui a fixé le seuil admissible quotidien de 4-MEI à 250 milligrammes (et non microgrammes !), dose impossible à atteindre dans le cas d’une consommation même excessive de ces sodas ? S’agit-il de laxisme ? Mise en doute, l’Autorité européenne de sécurité des aliments  (EFSA) a procédé à un examen approfondi de la littérature scientifique… et a décidé le maintien de son seuil de toxicité de 250 milligrammes, lequel, selon ses conclusions, offre « un niveau de protection suffisant ».

Comme toujours lorsque s’opposent des lobbys alimentaires et des consommateurs inquiets et confrontés à des informations contradictoires, il est difficile de faire la part des choses. Le discours scientifique devrait nous y aider, mais comment être sûr qu’il est parfaitement indépendant ou qu’il ne se trompe jamais ? Dans le doute, la firme Coca-Cola va revoir sa formule afin de réduire les doses de 4-MEI, lequel serait partiellement remplacé par un colorant naturel à base de…caramel !

 

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