Les bactéries digestives : des squatteurs bien intentionnés

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Etes-vous de ceux qui traquent la moindre poussière dans votre logis ? Procédez-vous à l’élimination sans pitié de chaque mouche, araignée ou fourmi qui ose franchir le seuil de votre territoire ? Avez-vous déjà envisagé de porter plainte contre l’école qui se permet d’accueillir des bambins à l’hygiène douteuse abritant des colonies de poux nomades qui trouvent le cuir chevelu de vos chères têtes blondes bien attirant ? Les parasites sont partout  et – fort heureusement pour eux – bien souvent invisibles. On ne les aime guère mais on sait aussi qu’ils sont indispensables (même si j’ai un doute concernant les poux) à l’équilibre de notre écosystème et à notre santé. Ce qui est vrai dans la nature, dans les logements, dans l’air, est aussi vrai dans notre corps. A vivre dans des logements trop aseptisés n’a-t-on pas favorisé le développement de nouvelles maladies comme les allergies ? Beaucoup le prétendent.

Notre système digestif abrite un nombre impressionnant de minuscules hôtes, formant ce que l’on appelle la « flore intestinale », récemment rebaptisée « microbiote » (voir Comment fonctionne notre corps – Tri sélectif). Les bactéries qui le constituent se nourrissent des particules alimentaires non digérées, débris cellulaires, résidus divers non recyclables. On sait depuis longtemps qu’en échange du couvert que nous leur offrons, les bactéries du microbiote nous rendent de précieux services. De récentes études menées chez des animaux dont la flore intestinale a été intentionnellement détruite permettent d’en apprécier l’étendue. En plus de favoriser la vascularisation et le renouvellement des cellules qui tapissent les parois du colon, ces précieuses bactéries aideraient à l’absorption des glucides et lipides, réguleraient le stockage des graisses (voir les lipides, c’est le réservoir – Des réserves inutiles ?), stimuleraient le développement de notre système immunitaire, contrôleraient les processus inflammatoires du côlon et en empêcheraient la colonisation par les bactéries pathogènes. Un microbiote pauvre et peu diversifié favoriserait la survenue de maladies inflammatoires du côlon et limiterait l’efficacité des régimes hypocaloriques chez les personnes en surpoids.

Le développement des infections digestives par des bactéries multi résistantes aux traitements antibiotiques constitue depuis quelques années un véritable fléau, qui trouve son origine dans l’emploi répété de traitements antibiotiques, responsables de véritables génocides systématiques à l’encontre de notre flore bactérienne naturelle.  Leurs conséquences peuvent être graves (diarrhées aiguës, déshydratations, troubles rénaux…). La  prescription d’antibiotiques n’est malheureusement pas toujours couplée à la prescription d’ultra-levure. Alors même si votre médecin omet de vous le conseiller, pensez à protéger votre flore bactérienne : achetez une boite d’ultra-levure lorsque vous devez prendre des antibiotiques, consommez régulièrement des yaourts (voir comment manger du lait – les ferments lactiques du yaourt pour notre flore intestinale) et adoptez une alimentation équilibrée et riche en fibres (voir Les fibres glucidiques : rien ne se perd).  Enfin et surtout, ne vous lassez pas tenter par cette nouvelle mode barbare, l’hydrothérapie du côlon, qui consiste à nettoyer par l’eau – selon le principe du Karcher – le principal lieu de vie de nos bactéries digestives, site fragile et précieux qui ne demande qu’à être respecté et préservé !

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