Polémique autour du cholestérol : l’alimentation serait-elle la solution ?

Les critiques à l’égard des statines, traitement classique des hypercholestérolémies, ne sont pas nouvelles. Le livre du professeur Philippe Even sorti le 21 février 2013, « la Vérité sur le cholestérol » relance un débat aujourd’hui largement médiatisé (cf. article du Nouvel Observateur du 14 février 2013  http://tempsreel.nouvelobs.com/le-dossier-de-l-obs/20130213.OBS8759/et-si-le-cholesterol-n-etait-pas-dangereux.html). Le problème est incontestablement complexe et je me garderais bien de le trancher, considérant le respect que j’ai pour ces spécialistes qui consacrent leur vie à tenter de sauver la nôtre et qui, malgré l’étendue de leur savoir, ne parviennent pas à se mettre d’accord. Les laboratoires pharmaceutiques nous ont à plusieurs reprises ces dernières années amenés à douter de leurs bonnes intentions en matière de santé publique. Il s’agit bien de commerçants et il est légitime de se méfier de leur insistance à persuader médecins et patients de la nécessité incontournable de recourir à leurs médications. Les effets indésirables des statines sont connus, et bien qu’affectant un nombre largement minoritaire de patients, ils peuvent être sévères, amenant certains cardiologues à en évoquer la « toxicité ».

L’hypercholestérolémie – dont la définition s’est pourtant considérablement affinée au cours des dernières décennies, au fur et à mesure de l’avancée des connaissances en matière de métabolisme – est considérée depuis de nombreuses années comme faisant partie des facteurs de risques cardiovasculaires. Ceci serait aujourd’hui également contesté. Admettons que ce soit à juste titre (il s’agit là d’une hypothèse et non d’un avis !), un fait reste admis par l’ensemble de la communauté scientifique : la malbouffe est et reste un facteur de risque cardiovasculaire majeur (au même titre que le tabac, l’hypertension, la sédentarité). Lorsqu’un médecin constate chez son patient une élévation du taux de « mauvais » cholestérol, il révèle bien souvent des habitudes alimentaires délétères : trop de graisses animales (voir Les nutriments, Les bonnes et mauvaises graisses), pas assez de fruits et légumes, trop de sucre, etc. Personne de conteste le fait que corriger ces mauvaises habitudes contribue à diminuer non seulement le risque cardiovasculaire, mais améliore aussi globalement l’état de santé (digestion, forme physique, stabilisation du poids, santé de la peau, prévention du vieillissement cellulaire, etc).

Les statines sont contestées sur le plan de l’efficacité et de la nocivité. Le régime méditerranéen (voir Les nutriments, Bien consommer les graisses) donne d’excellents résultats – parfois spectaculaires ! – et ne présente aucun risque d’effet indésirable. J’apporte donc mon humble contribution au débat en suggérant aux médecins qui nous veulent du bien (l’immense majorité !) d’orienter leurs patients à risque cardiovasculaire modéré vers des conseils diététiques avisés et raisonnables plutôt que leur administrer en première intention des médications sur lesquelles planent des doutes. En revanche, faisons confiance aux cardiologues dans la prise en charge des patients à lourd risque cardiovasculaire, car elle va bien au-delà de la correction d’une hypercholestérolémie.

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