Le cerveau contrôle tout

Apprendre à attendre

La nourriture est donc la base des premiers échanges du nourrisson avec son entourage et marque, lorsque la relation se passe bien entre les deux êtres qui se découvrent, les prémices de l’attachement à la mère.

Mais une fois assimilé l’amour pour la mère, l’enfant devra apprendre à affiner la perception de cette relation. En effet, il faudra parfois attendre avant de voir arriver le repas tant désiré. Et cette attente est primordiale car elle va apprendre au petit être en construction à accepter une frustration tolérable. Sa maman est là pour lui, elle l’aime et veille à soulager ses souffrances et ses attentes, mais elle existe aussi en tant qu’être dissocié de son bébé. Cela le rendra certainement furieux dans un premier temps, car tout enfant est un tyran égocentrique, mais arrivera un temps où il devra admettre que la « mauvaise mère » qui tarde parfois à répondre à sa demande de nourriture et la « bonne mère » qui le soulage avec amour ne sont qu’une seule et même personne. Et ce n’est que sur l’intégration de cette réalité qu’il pourra construire sa propre personnalité. Il apprendra aussi qu’il n’y a pas de désir sans attente, et pas de plaisir sans désir. C’est ainsi que manger ne signifiera plus seulement « se remplir », mais deviendra source de plaisir convoité.

Les clés d’un sevrage réussi

Pour se construire, l’enfant doit être amené à considérer sa mère comme un être distinct de sa personne. La mère doit aussi intégrer cette réalité, sans que cela ne ternisse la relation qu’elle entretien avec cet objet d’amour inconditionnel. Elle doit apprendre à tenir compte des désirs de son enfant, et veiller à ne pas le remplir de nourriture au risque de passer outre ses besoins et son appétit. Il s’agit bien d’une séparation, permettant de passer à un autre type de relation entre la mère et l’enfant, dans la complicité et la découverte de nouveaux plaisirs, au-delà de l’oralité de l’allaitement. Elle ne sera plus uniquement mère nourricière, mais aussi la personne qui communique, chante, joue avec son enfant. C’est grâce à un allaitement vécu dans le plaisir et l’épanouissement, puis arrêté à un moment propice (ni trop tôt, ni trop tard) et reconnu comme tel par la mère, que le passage pourra s’effectuer sans générer une trop grande souffrance. La bouche de l’enfant, lieu de l’oralité, pourra alors être investie de nouvelles tâches, comme celle du langage.

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