Minéraux et vitamines

Comment les antioxydants nous protègent

Devant le danger que représente l’excès de radicaux libres, l’organisme a développé de puissants systèmes de défense, qui reposent sur les antioxydants. En effet, ces composés ont le pouvoir de « capter » les électrons libres sur leur passage et conduire les radicaux libres vers la sortie, les rendant aptes à être dégradés par des enzymes. Ce sont de véritables « piégeurs de radicaux libres » ! Un grand nombre d’antioxydants sont apportés par notre alimentation. Il s’agit de minéraux (zinc, sélénium, manganèse, cuivre, magnésium), de vitamines (C, E, β-carotène, vitamines du groupe B), et des acides gras oméga 3.

Leur mode d’action est très complexe, et certains agissent même en synergie. C’est le cas de la vitamine E, capable de réparer les membranes cellulaires en neutralisant les radicaux libres, mais seulement si elle est accompagnée de vitamine C. En revanche, si elle parvient seule sur le champ de bataille, elle ira directement se joindre à l’ennemi, aggravant l’oxydation des membranes ! Autrement dit, il faut fournir à notre corps des antioxydants, mais gare à ne pas lui en donner trop car, comme souvent, le mieux peut être l’ennemi du bien. Une chose est sûre : l’étude des antioxydants va passionner encore quelques générations de chercheurs.

Des gélules pour la prévention ?

Deux écoles s’affrontent : d’un côté ceux qui préconisent une alimentation variée et équilibrée, amplement suffisante à couvrir les besoins en antioxydants, de l’autre ceux qui considèrent que les compléments sont une bonne manière de palier les carences observées dans la population. Car il est illusoire d’espérer voir tout à coup l’ensemble de la population se plier à la règle des cinq fruits ou légumes par jour, simplement parce qu’ils en connaîtraient les vertus. Doit-on pour autant priver du rôle protecteur des antioxydants ceux qui ne changent pas leur mode alimentaire ? La réponse serait évidente si d’autres questions n’étaient soulevées par l’utilisation de compléments.

Tout d’abord : sont-ils réellement efficaces ? Les essais expérimentaux ne montrent pas de lien entre la prise de suppléments d’antioxydants et la baisse de la mortalité cardio-vasculaire. Autant il est démontré que l’acquisition d’habitudes alimentaires inspirées du modèle méditerranéen (beaucoup de fruits et légumes, de graisses végétales et d’oméga 3) diminue nettement le risque cardio-vasculaire, autant l’effet des antioxydants seuls est considéré comme non significatif. En revanche, l’étude SU.VI.MAX montre une réduction de 31 % du risque de cancer grâce à la prise d’antioxydants à doses dites nutritionnelles.

Dans un deuxième temps, il importe de se poser la question d’éventuels effets indésirables liés à de fortes doses de vitamines et de minéraux. Comme nous l’avons vu, le risque du surdosage existe pour certains d’entre eux. Cependant, les tests effectués sur les compléments disponibles sur le marché ne révèlent pour l’instant aucun risque pour le consommateur. Les seules réserves concernent le β-carotène, qui fait mauvais ménage avec le tabac, mais si les fumeurs respectent les posologies indiquées, ce risque est inexistant.

Si vous suivez les grandes règles d’équilibre alimentaire exposées ici, ne dépensez donc pas inutilement votre argent pour des gélules qui vous seront inutiles et achetez plutôt des aliments de bonne qualité. Surtout, n’associez pas différents compléments alimentaires similaires. Si vous faites partie des populations risquant de développer des maladies oxydatives (fumeur, bon buveur, continuellement exposé aux UV, diabétique, taux de cholestérol trop élevé, etc.), parlez-en avec votre médecin afin qu’il vous aide à choisir un complément adapté à vos besoins, et employez-le à juste dose.

Attention charlatans !

Une enquête réalisée en 2008 par la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) sur 1760 compléments alimentaires vendus sur le marché français a relevé 220 anomalies. « Allégations mensongères, messages trompeurs ou ambigus, annonces d’effets bénéfiques non avérés, composition ne correspondant pas à l’étiquetage » : la fraude concerne plus de 12 % des compléments mis en vente ! La vigilance s’impose donc, d’autant plus que la plupart de ces compléments sont tout à fait inutiles. Et gare au surdosage. A ce titre, l’achat de compléments sur Internet ne peut qu’être vivement déconseillé, notamment lorsque l’étiquetage n’est pas rédigé en français, car ils ne sont alors soumis à aucun contrôle sanitaire agréé en France.


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