Manger au quotidien

Dis-moi comment tu manges…

Etes-vous plutôt Groseille ou plutôt Le Quesnoy dans votre manière de vous tenir à table ? Dans La Vie est un long fleuve tranquille, film d’Etienne Chatilliez (1988), l’opposition entre les « bonnes manières » des repas chez les Le Quesnoy et les attitudes grossières dans la famille Groseille était une façon plaisante de montrer le fossé culturel entre bourgeois guindés et sous-prolétaires. Bien avant, le sociologue Maurice Halbwachs (1877-1945) a défini le repas comme « institution sociale », vecteur des normes et des valeurs propres aux groupes sociaux.

Ainsi, dans la famille, le repas est le lieu où les parents transmettent les normes comportementales qui leur semblent fondamentales. Se laver les mains avant de passer à table, ne pas mettre ses coudes sur la table, ne pas interrompre les conversations, manger proprement, fermer la bouche en mâchant, ne pas quitter la table sans en avoir demandé la permission, attendre que tout le monde soit prêt pour commencer à manger : nous sommes tous passés par l’école de la bonne tenue à table. Tous ? Pas si sûr, car les dernières générations ont lâché un peu de lest sur des principes jugés, parfois à juste titre, liberticides et quasi militaires. Reste à trouver un juste milieu entre le « on ne parle pas à table » qui fait régner une ambiance glaciale et l’absence totale de règles qui mène au non-respect des autres.

La table… un moment important

Même à la table familiale, il est important que chacun tienne son rôle. Lorsque les deux parents travaillent, ils n’ont pas tant d’occasions de transmettre les normes et les valeurs auxquelles ils croient. Le temps du repas reste alors un des seuls moments où l’adulte peut imposer, sans nuire à l’ambiance conviviale, le respect des règles fondamentales de la vie en société.

C’est pourquoi il est important de veiller que les enfants ne se comportent pas à table en princes et princesses, dégustant un menu choisi selon leurs seuls goûts, se permettant tous les caprices, harcelant leurs frères et sœurs, et traitant leurs parents comme s’ils étaient leurs sujets. Les règles de respect et de bienséance devront être posées dés que l’enfant est en âge de partager ses repas avec le reste de sa famille, les parents devront être fermes et, bien sûr, donner l’exemple !

Quand la nourriture devient un chantage

Les enfants sont malins. Lorsqu’ils doutent de l’amour qu’on leur porte, ils savent trouver les bons moyens pour attirer l’attention de leurs parents. Ils ont su lire l’inquiétude dans le regard de ceux-ci lorsqu’ils refusent de manger : en voilà un bon terrain de chantage !

Que faire lorsqu’un enfant refuse de manger, qu’il fait le difficile même devant un plat de pâtes ? Reconnaître ce que ce message signifie : l’enfant n’agit jamais par sadisme, il a juste besoin d’être rassuré. Pour éviter l’escalade, il faudra refuser d’entrer dans son jeu : ni recours à la force ou à la punition, ni stratagèmes (le faire manger à part, distraire son attention pour enfourner quelques bouchées, etc.). Il ne mange pas ? Tant pis, il mangera quand il aura faim ! Rassurez-le en étant ferme et utilisez d’autres moyens que la nourriture pour prouver votre amour. Enfin aidez-le, s’il le faut avec l’aide avisée d’un psychologue, à exprimer verbalement l’objet de son tourment.

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