Les nutriments

Faut-il avoir peur de l’aspartam ?

D’où viennent les craintes qui agitent l’opinion ? Si la question de son innocuité est légitime, c’est parce que l’édulcorant est une reproduction artificielle de la molécule naturelle, mais surtout parce que l’ingestion de grandes quantités d’aspartam ne nous permet plus de comparaison avec les quantités présentes dans les aliments.

Découvert en 1965, l’aspartam a reçu une première autorisation de mise sur le marché (AMM) aux Etats-Unis en 1974. Suspendue après quelques mois, cette AMM a été à nouveau accordée en 1981 après réévaluation. Il est autorisé en France depuis 1988. Son innocuité a été reconnue par des nombreux comités d’experts internationaux. La dose journalière admissible (DJA : quantité qu’un individu peut consommer tous les jours de sa vie sans exposer sa santé) pour l’homme a été fixée à 40 mg/j.

Les accusations formulées à son égard concernaient les dérivés métaboliques issus de sa digestion : le méthanol (dérivé alcoolique), la phénylalanine (autre acide aminé) et l’acide aspartique. Les plus grands consommateurs d’aspartam sont ceux qui boivent quotidiennement de grandes quantités de boissons light. Or, leur consommation n’excède pas 10 mg/j, ce qui reste nettement inférieur à la DJA. Même constatation pour les quantités de dérivés métaboliques : elles restent très faibles en comparaison à celles apportées par les aliments courants.

Aucune preuve d’effet néfaste

Une étude américaine de 1996 sema cependant le trouble dans l’opinion publique : elle suggérait une corrélation entre la fréquence de tumeurs du cerveau et la consommation d’aspartam. Très controversé, ce résultat n’a aucunement été confirmé par les données expérimentales chez l’animal (très fortes doses administrées à des rats) et les recherches épidémiologiques chez l’homme la contredisent. L’aspartam était aussi accusé de modifier la composition neurochimique du cerveau. Mais les études (indépendantes !) menées sur ce point sont formelles : l’aspartam n’a aucun effet sur l’activité cérébrale. Des expériences menées sur les enfants ont clairement montré que l’aspartam ne modifie pas plus le comportement, ni l’humeur, ni les performances intellectuelles que n’importe quel placebo.

Le Comité scientifique sur l’alimentation de la Commission européenne conclut qu’aucun argument ne permet de remettre en cause une DJA de 40 mg/j, largement supérieure à la consommation d’un grand buveur de soda light (1,5 l/j) ! Par précaution face à certaines maladies métaboliques du petit enfant, les édulcorants intenses sont interdits aux enfants de moins de 3 ans mais, n’ayant aucun effet sur le fœtus, ils sont autorisés – sans excès bien sûr –  aux femmes enceintes. Si vous avez encore des doutes, dites-vous qu’une consommation raisonnable est reconnue inoffensive, même par les détracteurs de l’aspartam. Si votre consommation n’excède pas une cannette de boisson light par jour, vous ne prenez réellement aucun risque.

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