Les légumes et les fruits

Faut-il avoir peur des pesticides ?

Si l’on prête l’oreille à tous les discours alarmistes sur les modes de culture moderne, on en vient à se demander si consommer des fruits et légumes ne revient pas à s’empoisonner avec toutes sortes de molécules chimiques dangereuses. Disons-le clairement : manger des fruits et légumes, même s’ils ne sont pas issus de l’agriculture biologique, est incontestablement bon pour la santé ! Mais quelques précautions s’imposent pour mettre à profit tous les atouts nutritifs des végétaux sans subir les effets pervers liés à la recherche de productivité à tout prix.

Quels sont les risques ?

L’alimentation n’est certes pas le premier facteur de risque de cancer. Il arrive bien après le tabac et l’alcool. Mais certains chiffres n’en demeurent pas moins inquiétants.

Il est aujourd’hui reconnu que le risque d’être victime d’un cancer du cerveau est multiplié par 2,6 chez les personnes les plus exposées aux pesticides, essentiellement les agriculteurs et les viticulteurs, comme l’a officiellement confirmé l’Association pour le recherche sur le cancer. On s’accorde même à reconnaître comme potentiellement cancérigènes un certain nombre de produits phytosanitaires, fongicides, insecticides et herbicides couramment employés dans la l’agriculture. Et il n’y aurait pas que le cancer : la baisse de fertilité et l’asthme pourraient aussi être favorisés.

Les choses sont beaucoup moins claires en ce qui concerne les proportions de molécules toxiques restant dans les végétaux. La concentration est en effet très variable selon les végétaux et surtout la partie consommée, et les études exhaustives font défaut à ce jour.

Affirmer que manger des fruits et légumes augmenterait le risque de développer un cancer est donc un raccourci très abusif. Au contraire, toutes les études prouvent qu’une consommation importante et régulière de végétaux constitue un excellent moyen de prévention contre le cancer. Ce n’est pas une raison pour fermer les yeux sur des pratiques pour lesquelles les autorités sanitaires affichent une complaisance parfois proche du laxisme.

Doit-on faire confiance aux instances européennes ?

En matière d’emploi de pesticides, la réglementation européenne n’a pas généré que des progrès, loin de là. Certains de nos voisins se montrant beaucoup plus tolérants que nous, la Commission a bien dû harmoniser les pratiques ; mais elle a souvent choisi de le faire en revoyant à la hausse les quantités autorisées ! Ainsi, certains pays qui se conformaient à des normes strictes peuvent aujourd’hui revenir en arrière, et pas moins de 65 % des pesticides autorisés voient leur taux plafond augmenter, parfois considérablement. Il faudrait sans doute davantage de preuves scientifiques tangibles sur les dangers des pesticides pour faire bouger les choses.

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