Les nutriments

Faut-il se priver de sucre pour éviter le diabète ?

Non, les diabétiques ne sont pas des individus qui auraient abusé de sucreries et que la nature aurait punis en leur infligeant une sévère et perfide correction !

L’OMS définit le diabète comme un état résultant de facteurs génétiques et exogènes souvent conjoints. Les facteurs génétiques, nous n’y pouvons rien : notre tolérance au sucre nous est transmise par notre lignée, et conduit à l’apparition d’un diabète à un âge variable, parfois dès l’enfance. La génétique peut attribuer aux malchanceux un pancréas plus ou moins déficient, dont la sécrétion d’insuline s’avèrera insuffisante pour permettre une élimination adéquate du glucose sanguin par transport vers les cellules qui en ont besoin. Les facteurs exogènes sont les mauvaises habitudes alimentaires (excès de sucres mais aussi de graisses, alimentation déstructurée, etc.) et l’insuffisance d’activité physique. C’est ainsi que se prépare le terrain de l’obésité et du diabète.

On sait d’autre part que les personnes ayant tendance à accumuler les graisses au niveau de l’abdomen risquent davantage de développer un diabète. C’est ce que les spécialistes appellent l’obésité androïde (qui touche surtout les hommes). Suprême injustice : être doté d’un énorme fessier (obésité gynoïde, qui touche surtout les femmes) constitue un risque bien moindre sur le plan du diabète !

Les spécialistes nous annoncent une inquiétante augmentation du pourcentage de diabétiques au cours des prochaines années. Elle serait due au vieillissement de la population, à l’augmentation de l’obésité… mais aussi au meilleur dépistage du diabète, qui passe encore souvent inaperçu pendant les premières années d’évolution.

Le sucre n’est donc qu’une composante parmi un ensemble de facteurs de risques. Certains diabétiques n’ont jamais eu d’attirance pour les sucreries, alors que certains « becs sucrés » ne développeront jamais de diabète. Adopter une alimentation équilibrée et pratiquer une activité physique régulière permettent de réduire le risque de survenue de diabète, sans tout à fait l’effacer. Il reste vrai qu’il est prudent de ne pas fatiguer inutilement son pancréas avec des excès de sucres « rapides », surtout si l’on a des antécédents familiaux ou si on est doté d’un « beau bidon »…

Des sucres lents pour les sportifs

Le célèbre « régime spaghetti » est-il toujours le secret de l’endurance ? Plus sérieusement appelé « régime scandinave », il a été créé en 1967 et est toujours employé par certains sportifs de haut niveau dans le cadre d’épreuves longues et intenses. Son but est de faire le plein de sucres lents capable de dispenser une énergie facilement mobilisable sur une longue durée et de donner les clés d’une récupération efficace après l’effort, en permettant de régénérer et maintenir les réserves de glycogène dans le foie et les muscles.

Son protocole comporte trois phases.

Avant l’effort.

  • Trois jours de régime très pauvre en glucides (donc riche en graisses et protéines) afin de « vider » les réserves en glycogène. Depuis 1981, la tendance est plutôt à un régime plus raisonnable, avec des apports glucidiques normaux.
  •  Trois jours de régime riche en glucides très lents (lentilles, pâtes, etc.) pour refaire des réserves de glycogène.
  •  La veille de la compétition, un volumineux plat de spaghetti permettra de garantir un stock maximum de glycogène flambant neuf en vue de l’effort qui approche !
  •  Trois heures avant le début de l’épreuve, ce sera le dernier repas, plus raisonnable en volume, comportant des glucides intermédiaires, simples et complexes : c’est la « ration d’attente ». Elle pourra être complétée par de petites quantités de sucres intermédiaires prises toutes les heures pour bien préserver les réserves.

Pendant l’effort.

S’il se prolonge au delà d’une heure, il faudra hydrater l’organisme à l’aide d’une boisson légèrement sucrée, idéalement au fructose. On peut choisir une boisson de l’effort (en vente dans certaines grandes surfaces et en magasin spécialisé) ou simplement du jus de fruit dilué.

Après l’effort.

Les réserves épuisées devront être régénérées : les sucres simples, dans un premier temps, permettront de les reconstituer rapidement, puis les sucres lents associés à des protéines prendront le relais. Alors, prêts pour le prochain marathon ?

Bannir les fruits en fin de repas ?

Vous n’y avez sans doute pas échappé : quelqu’un vous a sûrement dit que quelqu’un (qui l’avait entendu d’un autre) lui avait dit… qu’il est très mauvais pour la santé de consommer ses fruits en fin de repas ! Il « paraît » même qu’il faudrait attendre deux heures après la fin du repas pour s’autoriser à croquer la pomme. En réalité, aucune étude n’est venue à ce jour étayer cette affirmation, issue de la naturopathie et de la médecine asiatique (et reprise par un auteur de livres à succès proposant sn propre régime). Ce que ces théories reprochent à l’association des fruits aux repas serait d’une part de perturber la digestion, d’autre part de limiter la bonne assimilation des vitamines et minéraux que renferment les fruits. N’ayant aucune base solide pour confirmer ces thèses, on peut se permettre de les mettre en doute. Les qualités nutritives et les vertus protectrices des fruits sont aujourd’hui reconnues de tous et prouvées par les dernières données issues de la recherche et de l’observation. Il serait dommage de nous en priver par crainte de troubles digestifs qui ne concernent qu’une minorité : à moins que vous ne soyez un adepte scrupuleux de ces modes alimentaires particuliers, ne vous privez pas d’un bon canard à l’orange ou d’un délicieux tajine aux fruits secs, et finissez sans crainte votre repas par un fruit, c’est le meilleur dessert qui soit pour votre santé !

 

Be Sociable, Share!
Article précédent :

Article suivant :

Une question, un commentaire ?

Vous devez tre connect pour poster un commentaire.


Copyright 2015 Diététique et santé
Qui sommes-nous ?