Le cerveau contrôle tout

Je mange, donc je suis

On le sait, le cerveau est un grand sentimental qui ne peut s’empêcher d’associer les affects et la productivité. Car s’alimenter ne se résume pas à des processus physiologiques et métaboliques. Se nourrir est dès la naissance un acte chargé de symboles, qui reflète nos craintes, nos culpabilités, nos passions, nos apprentissages, nos contradictions, nos croyances… Bref, ce que nous sommes : « Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es ».

Manger : un acte d’amour

En décrivant les prémices de la relation qui s’établit entre le nouveau-né et sa mère, qu’il a réunis sous le terme de « stade oral », Sigmund Freud, relayé par la psychanalyste Mélanie Klein, a apporté un éclairage fondamental sur la symbolique de l’acte alimentaire primitif.

Les premiers rapports du nouveau-né avec son entourage sont centrés autour de la mère et des soins alimentaires. Pour simplifier, et en dehors de tout sexisme, appelons « mère » celui ou celle qui a pour tâche de nourrir l’enfant.

Le monde est simple et manichéen chez le nouveau-né : il y a d’une part la faim, vécue comme une sensation d’inconfort insupportable et indifférencié (c’est tout son être qui se sent mal, sans qu’il puisse y attribuer un rapport de causalité clair), et d’autre part la nourriture, vécue comme l’élément qui fait disparaître la tension et la souffrance. Or, qui est le vecteur incontournable de ce soulagement ? La mère ! Ainsi, le bébé apprendra à percevoir deux états, celui du déplaisir, incarné par la faim, et celui du plaisir, intimement lié à la mère. A ce stade d’évolution, l’aliment et la mère se confondent en une seule entité, génératrice de soulagement et de plaisir. C’est ainsi que le plaisir du rassasiement se transforme peu à peu en amour de la mère.

La bouche est le premier lieu d’apprentissage des sensations et des relations à autrui ; c’est ce que sous entend le terme « sexualité » employé par Freud dans ses écrits, qui intègre une notion de lien basé sur la sensualité et le plaisir partagé. On sait d’ailleurs que l’allaitement fait secréter au nouveau-né des endorphines, hormones qui déclencheront une sensation de bien-être profond proche du plaisir sensuel.

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