L'alcool et l'eau

L’alcool, un outsider parmi les nutriments

Dire que l’alcool est un nutriment, au même titre que les protides, glucides et lipides peut paraître une boutade, voire une provocation. Pourtant, l’alcool a sa place parmi les nutriments, car il est une source de calories non négligeable : un gramme d’alcool fournit 7 kcal, se situant donc à mi-chemin entre les glucides (4 kcal/g) et les lipides (9 kcal/g). Il doit cependant être placé à part, dans la mesure où ces calories ne sont pas métabolisées de la même façon et ne constituent un carburant pour nos cellules que dans les limites d’un apport modéré. Voyons pourquoi on qualifie parfois cet apport énergétique de « calories vides ».

Un circuit métabolique particulier

L’alcool va tout d’abord séjourner dans l’estomac un temps variable, selon sa concentration et les aliments associés. Les enzymes vont faire subir à une partie de cet alcool une première transformation en un composé appelé « acétaldéhyde ». C’est au niveau de l’intestin grêle qu’il sera absorbé puis transporté vers le foie, siège principal de son métabolisme (à 95 %). Parvenu au foie, l’alcool finira d’être transformé en acétaldéhyde puis en acétate, forme sous laquelle il pourra être brûlé et fournir de la chaleur, au même titre que les autres nutriments. Mais une partie restera stockée dans le foie, à l’intérieur des cellules hépatiques, sous forme de lipides.

Si l’on parle de calories vides, c’est parce qu’une faible partie de l’alcool ingéré joue un rôle énergétique – qui correspond à ce qu’on définit comme une consommation « modérée ». Au delà, les calories potentielles ne seront plus utilisées, elles seront « vides » car elles emprunteront d’autres voies métaboliques.

L’alcool apporte certes une sensation de réchauffement, justifiant d’ailleurs le réconfort qu’il peut apporter à des personnes soumises à une vie précaire dans un environnement froid. Mais c’est une sensation fugace qui, mêlée à ses effets sur le psychisme, va conduire à l’addiction sans bénéfice à moyen ni à long terme. Pour revenir à l’analogie entre l’énergie des nutriments et le feu de bois, on peut dire qu’il s’agit ici d’un feu de paille. Joli, mais pas très efficace.

Qu’est-ce qu’une consommation modérée ?

Il n’existe toujours pas de consensus, mais on peut qualifier de modérée une consommation située entre 10 g et 30 g d’alcool par jour. Selon la corpulence et l’activité des individus, elle correspond à deux ou trois verres chez l’homme et un ou deux verres chez la femme… sauf pendant la grossesse et l’allaitement, périodes durant lesquelles l’alcool est fortement déconseillé.

 

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