Le cerveau contrôle tout

L’aliment symbole

Le goût de l’aliment se définit à partir de plusieurs critères : le goût perçu par les papilles gustatives bien sûr, mais aussi l’odeur, la consistance, l’aspect, et même le son produit par la mastication. Il met en jeu tous les sens, mais il ne faudrait pas oublier la perception affective que l’on se fait de l’aliment, comme nous le rappelle la madeleine de Proust ou les cerises boucles d’oreilles d’Amélie Poulain…

Les tendres souvenirs de notre enfance perdurent et guident plus ou moins consciemment nos comportements. C’est avec une délicieuse nostalgie que de nombreux adultes cèdent aux saveurs qui évoquent l’enfance, tendre comme les guimauves, excitante comme les bonbons acidulés…

Il y a aussi les bons élèves, ceux qui attribuent à leur mode alimentaire une exemplarité qui les comble de fierté. Ils adoptent une alimentation saine et raisonnable, établissent parfois leurs menus pour la semaine, s’offrant ainsi un cadre rassurant et valorisant. Certains pourront développer une véritable obsession pour l’aliment sain, bon pour la santé, et devenir des « pros » de la diététique, glissant parfois vers l’appréhension envers « ce qu’on veut nous faire avaler »…

Enfin, certains aliments nous mettent face à nos contradictions. Ainsi, passer de Panpan, l’ami de Bambi, au lapin à la moutarde sans dégoût ni culpabilité n’est pas si évident, même pour un adulte. Mais si consommer un aliment peut nous ramener à l’état de prédateur que nous refusons d’assumer, il peut aussi donner à croire qu’en l’ingérant, on fait siennes les qualités de l’animal. Le cas du cheval est éloquent : alors que nos aînés imaginaient s’approprier sa force en mangeant sa chair réputée tonifiante, cette viande est aujourd’hui boudée par les consommateurs, qui assimilent son ingestion à un acte barbare.

Il est possible de décliner à l’infini les exemples d’aliments porteurs de symboles, reflets du vécu et de la personnalité de chacun, mais aussi des croyances et des codes sociaux.

L’aliment et l’appartenance au groupe

Les rites alimentaires font souvent office de gage d’appartenance au groupe que l’on a choisi. En épousant un modèle religieux, par exemple, on accepte de respecter les rituels liés à la nourriture qui lui sont propres, qu’il s’agisse d’interdits, de périodes de jeûne ou de repas de célébration dont les menus sont perpétués à travers les siècles. Le groupe peut aussi incarner une identité régionale (êtes-vous plutôt cassoulet ou choucroute ?), l’appartenance à une classe sociale (merguez-frites-pastis ou caviar-homard-château Yquem ?) ou même à une classe d’âge (soirée tapas des 20-30 ans, boissons énergisantes des ados, etc.).

L’alimentation est une des bases les plus solides de l’inconscient collectif décrit par le psychiatre Carl Gustav Jung. Adopter le comportement alimentaire d’un groupe, c’est adopter une façon de penser autant que de manger !

Be Sociable, Share!
Article précédent :

Article suivant :

Une question, un commentaire ?

Vous devez tre connect pour poster un commentaire.


Copyright 2015 Diététique et santé
Qui sommes-nous ?