Rythmes alimentaires

Le rythme alimentaire français

On voudrait parfois nous faire croire que la règle des trois repas par jour, avec un petit déjeuner « à la française » pour bien démarrer la journée, un déjeuner complet et un dîner à peu près équivalent, serait la plus adaptée à notre rythme biologique et devrait par conséquent être adoptée dès la plus tendre enfance. Or, s’il est vrai que ce modèle est plutôt bien adapté au rythme de vie actuel de la majorité des habitants de notre pays, il ne faudrait pas oublier que la répartition des repas a considérablement évolué au cours des siècles, et que notre structure « traditionnelle » est finalement très récente.

Le dîner… l’après-midi !

Au Moyen Âge, dans les milieux sociaux favorisés, les deux seuls repas de la journée s’appelaient le dîner, que l’on prenait en milieu de matinée, et le souper, en milieu d’après midi. Au fil des siècles, ces deux repas se sont progressivement décalés, le souper se faisant de plus en plus tardif, le dîner se déplaçant vers l’après-midi. Ainsi naquit le déjeuner… au XVIIIe siècle seulement ! A cette époque, il prenait la place de notre « petit déjeuner » actuel, comme premier repas de la journée (comme l’indique son étymologie : rompre le jeûne). Il s’est décalé à son tour jusqu’à la fin de matinée, laissant sa place au « petit déjeuner » que nous connaissons. Enfin presque, car au début du XXe siècle encore, dans beaucoup de milieux sociaux, le petit déjeuner était traditionnellement constitué d’une soupe ou de pain trempé dans du vin ! Quand au souper, il est devenu de plus en plus tardif (à la sortie du spectacle dans les milieux aisés) jusqu’à disparaître presque totalement aujourd’hui.

Mais au Québec, comme dans de nombreuses régions de France jusque dans les années 1960-1970, on déjeune toujours le matin, on dîne à midi et on soupe le soir. Cette petite incursion dans l’histoire n’a d’autre but que de nous inciter à considérer avec un certain recul les normes que nous nous fixons. Elles sont le fruit d’une évolution certes logique, mais ne correspondent pas forcément au rythme de vie de l’ensemble de la population et, surtout, elles sont susceptibles d’évoluer au gré des mutations de notre société. C’est bien le cas aujourd’hui.

Le « repas gastronomique français » protégé par l’Unesco

Quelle surprise d’apprendre qu’en novembre 2010, le patrimoine immatériel de l’Unesco accueillait un nouveau venu, le « repas gastronomique français » ! Voilà de quoi réanimer la fierté de nos concitoyens, qu’ils soient cuisiniers, gastronomes…  ou viticulteurs ! On notera en effet la large place qui est faîte dans la définition officielle du « repas gastronomique français » aux vins et spiritueux. En effet, un tel repas se doit de commencer « par un apéritif », de respecter le «mariage entre mets et vins », et de se clore « par un digestif ». Quant au repas, il doit comporter « au moins quatre plats », on lui reconnaît « un rôle social actif dans sa communauté », « il est transmis de génération en génération comme partie intégrante de son identité» et « resserre le cercle familial et amical et, plus généralement, renforce les liens sociaux».

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