Minéraux et vitamines

Le sel est-il un ennemi ?

Si le sel est l’ami de l’eau et donc une des clés de l’hydratation, pourquoi les messages de santé publique nous invitent-ils à la prudence à son égard, et pourquoi les industriels commencent-ils à faire la chasse au sel, au risque de réduire le goût des produits prêts à consommer qu’ils mettent sur le marché ? S’il est vrai que nous mangeons plus de sel que nécessaire, prenons le temps d’analyser avec objectivité ce qui motive ces alertes.

Une des clés de l’équilibre de notre corps

On le sait : le sel retient l’eau. Sans lui, l’eau s’enfuirait de notre corps et nous serions comme ces pauvres plantes desséchées abandonnées sur le trottoir au retour des grandes vacances. Par chance nous n’en manquons pas : notre corps renferme 80 g à 100 g de sodium disséminés dans tous les liquides de l’organisme (le sang, la lymphe et les liquides se trouvant entre les cellules).

Il est essentiel de maintenir ce qu’on appelle la pression osmotique à un niveau constant. Cela signifie que la concentration des liquides dans et hors des cellules doit rester stable, pour éviter des œdèmes (rétention d’eau) ou, à l’inverse, la déshydratation. C’est la proportion de sel dans les liquides qui évitera tout déséquilibre dans un sens ou un autre. Le sel joue aussi un rôle important dans la contraction musculaire et dans le maintien de l’équilibre acide-base de l’organisme.

Si votre alimentation est normalement salée – donc modérément au dessus de vos besoins – vous éliminerez l’excédent de sel, principalement par les urines (environ 5 g/24 h). En cas de forte chaleur ou d’effort intense, il y aura aussi élimination par la sueur ; on évitera donc les régimes sans sel dans ces situations.

L’ion actif dans notre corps est le sodium (Na+) ; mais, dans les aliments, celui-ci est lié au chlore. Le sel que nous consommons est en fait du chlorure de sodium (Na-Cl).

Le sel de table, régulièrement consommé par l’ensemble de la population, a également été choisi comme vecteur de fluor et d’iode par les pouvoirs publics. La carence en iode est en effet largement répandue dans le monde, conduisant à un mauvais fonctionnement de la thyroïde. En enrichissant le sel de table en iode, on a vu régresser significativement le nombre de cas de goitres dus aux carences en iode. L’addition de fluor à la plupart des sels de table contribue, pour sa part, à la prévention de la carie dentaire.

Pas de régime sans sel pour maigrir !

Ecartons rapidement l’amalgame que l’on fait parfois entre sel et prise de poids. L’obésité est liée à un excès de graisses stockées et en aucune façon à un excès d’eau, n’en déplaise à ceux qui exhibent un ventre proéminent en prétextant une rétention d’eau mal placée ! Un régime sans sel, aidé parfois par des tisanes aux effets diurétiques, vous déshydratera quelque peu et vous observerez peut-être une perte de poids d’un ou deux kilos… qui seront immédiatement repris dés que vous cesserez ces mesures. C’est totalement inutile et même dangereux pour la santé, surtout si l’on fait du sport !

Sodium et potassium : le courant passe 

En synergie avec le sodium, le potassium assure la régulation de l’équilibre entre les liquides à l’intérieur et à l’extérieur des cellules. Les minéraux sont en fait des ions chargés soit positivement (potassium : K+, calcium : Ca++), soit négativement (ion Sodium : Na+). Cette propriété leur confère une aptitude à transmettre dans notre corps un courant électrique qui va permettre la contraction musculaire. Ainsi, le potassium va contribuer à assurer la liaison entre les neurones et les muscles qu’ils commandent et permettre la contraction du muscle cardiaque. On comprendra ainsi pourquoi une simple erreur de dosage dans une petite seringue de potassium peut représenter le pire cauchemar des infirmières.

Le potassium permet aussi la sécrétion acide de l’estomac et facilite l’élimination urinaire. En dehors des maladies et perturbations liées à certains traitements médicamenteux, les besoins en potassium sont largement couverts par une alimentation équilibrée. Présent dans la plupart des aliments, il abonde dans les fruits et légumes, les viandes, le lait et le cacao.

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