Le cerveau contrôle tout

Le spectre des néo-phobies alimentaires

Derrière ce nom inquiétant se cache la hantise de nombreux parents confrontés à la résistance de leur progéniture face à tout aliment sortant un tant soit peu de la quadrature classique jambon-frites-pâtes-saucisse. Ils ont tout essayé, depuis le « si tu ne manges pas tes légumes, tu ne grandiras jamais » au « moi, quand j’étais petit, j’étais obligé de finir mon assiette d’épinards ! ». Mais rien à faire : le bambin préfère encore aller directement au lit plutôt que de daigner goûter au gratin de chou fleur. Ces enfants ont généralement un rejet pour ce qui est fort et peu rassasiant, les légumes arrivant généralement en première ligne. Votre collègue de bureau vous irrite peut-être quand elle vous raconte à quel point son petit dernier adore les légumes, mais rassurez-vous : 73 % des enfants sont néo-phobiques !
Les spécialistes fournissent plusieurs explications à ce phénomène.
La première est d’ordre anthropologique : elle résulte de la peur ancestrale de l’intoxication par les végétaux, car ce sont les principaux vecteurs de toxines dans la nature. Or, certains enfants sont plus craintifs face à l’inconnu que d’autres : ceux-là seront de moins bons « goûteurs » ! On sait aussi que les enfants, comme nos ancêtres, sont logiquement plus attirés par les aliments à forte densité calorique, mieux à même que les végétaux de combler leurs besoins énergétiques.
Il faut aussi comprendre que la perception gustative des enfants est souvent exacerbée par rapport à celle des adultes. Certains sont très sensibles aux goûts forts : l’amertume à peine perçue par l’adulte peut se révéler extrêmement forte pour l’enfant. La sensibilité gustative est génétique et s’atténue avec l’âge. C’est pourquoi la plupart des enfants néo-phobiques finissent par aimer les légumes en grandissant, en général à partir de l’adolescence.
Conclusion : inutile de s’affoler. Et surtout, évitez l’épreuve de force, car l’enfant pourrait rapidement comprendre que c’est là un bon moyen d’attirer l’attention. Le rôle des parents est d’encourager régulièrement – mais sans s’énerver ! – les enfants à goûter les plats, car ce n’est qu’ainsi qu’on finit par apprécier les aliments nouveaux.

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