Les nutriments

Les protéines et l’obésité des enfants

Chacun sait à quel point l’augmentation impressionnante du pourcentage d’enfants obèses inquiète les spécialistes, au point de mobiliser aujourd’hui les pouvoirs publics. L’obésité infantile a toujours existé : vous vous rappelez peut-être Alceste, le copain boulimique du Petit Nicolas de Sempé et Goscinny. Le problème est qu’à l’époque du Petit Nicolas, il n’y avait qu’un Alceste dans sa classe ; aujourd’hui, en moyenne, il y en a trois.

Il y a quelques années, les spécialistes des statistiques médicales que l’on appelle épidémiologistes ont fait un curieux constat : une corrélation entre la surconsommation de protéines à l’âge de 2 ans et la précocité du « rebond d’adiposité ». Le rebond d’adiposité désigne la période de l’enfance où l’on observe une « cassure » dans la courbe de croissance, où l’enfant auparavant maigre – ce qui est la norme – se « remplume », passage physiologique qui se situe au delà de 6 ans. L’enfant obèse est caractérisé par un rebond beaucoup plus précoce, souvent vers 3 ans. L’hypothèse suivante a alors été émise : les enfants à qui l’on aurait donné trop de protides dans la petite enfance auraient de ce fait « fabriqué » trop d’adipocytes, cellules destinées au stockage des graisses. De l’augmentation des possibilités de stockage ainsi réalisée découlerait l’augmentation de la masse graisseuse qui s’installe ensuite.

C’est plus compliqué !

L’hypothèse était jolie, elle circule encore, mais elle a été démentie par d’autres études : ce ne sont pas les excès protéiques de la petite enfance qui augmentent la masse graisseuse, mais le surplus calorique et le manque d’activité physique.

Reste que c’est bien au sein de la population d’enfants recevant des protéines trop tôt et en trop grande quantité que l’on trouve le plus d’obésité. Ils sont à la fois plus grands et plus gros que leurs camarades de classe. Il est vrai que les protéines reçues à cet âge sont surtout d’origine animale, par le biais de produits laitiers et de viandes et sont donc, comme nous l’avons vu, accompagnées de graisses, donc riches en calories. C’est un fait : plus les enfants mangent de glucides (surtout pâtes, riz, pain, légumes secs, etc.), moins ils mangent de protéines et de lipides, et moins ils sont gros. Inutile, donc, de se désoler s’ils préfèrent le pain, les pâtes ou le riz à la viande !

On sait aussi que le problème est aussi lié aux facteurs socio-économiques, à la diminution de l’activité physique (les jeux vidéo et la télé comme sports nationaux font beaucoup de dégâts), à la désorganisation des repas au sein de la famille.

Toutes les études, tant américaines qu’européennes, pointent l’influence de la précarité sur l’installation de mauvaises habitudes alimentaires conduisant à l’obésité. Les facteurs sont multiples : déficit d’information nutritionnelle, moindre niveau d’activité physique, problème d’adaptation des populations étrangères à l’alimentation du pays d’accueil (et à la surabondance de produits transformés), valorisation de l’embonpoint comme signe de « bonne santé », difficultés économiques limitant l’accès à certains produits comme les fruits et légumes… Nous ne pouvons le nier, bien manger et faire du sport ont un coût, même s’il existe des moyens pour le réduire.

 

Des besoins différents

On oublie souvent qu’un enfant ne doit pas manger les mêmes quantités qu’un adulte. Une part de viande, de poisson ou d’œufs par jour lui suffit largement, et dans les premières années, une part se limite à 40 g ou 50 g ! Ce n’est qu’à l’adolescence que les besoins rejoindront et même dépasseront ceux de l’adulte.

 

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