Rythmes alimentaires

Ne pas confondre goûter et grignotage

Comparé aux épisodes boulimiques relevant de désordres psychologiques profonds, le grignotage peut paraître bien inoffensif. Par ses conséquences, il gâche pourtant la vie d’un grand nombre d’individus. Il est en effet un des principaux facteurs générateurs d’obésité. La plupart des études menées en Europe montrent une forte tendance au grignotage chez les personnes obèses (autour de 60 % de « grignoteurs ») comparativement aux sujets de poids normal (seulement 30 % de « grignoteurs »). Aux Etats-Unis, le grignotage est devenu une cause majeure d’obésité chez l’enfant.

Ce n’est pas tant le fractionnement des repas qui conduit à l’obésité. De nombreux modèles de société, depuis la préhistoire jusqu’à nos jours, intègrent ou ont intégré le grignotage à leur pratique alimentaire quotidienne sans que cela ne nuise à l’état de santé des populations. Citons par exemple le cas des habitants des îles Tonga, dans le Pacifique, qui ne se mettent jamais à table pour un repas convivial mais dont les prises alimentaires reposent exclusivement sur le grignotage. Plus près de nous, les Espagnols ne s’adonnent-ils pas à la fameuse coutume des tapas, sorte de substitution du dîner par un grignotage prolongé ?

Le vrai problème vient de l’ingestion, au final, de grandes quantités d’aliments à forte densité calorique. Si les mères de famille qui picorent en préparant le dîner et finissent l’assiette des enfants « pour ne pas gâcher », si tous ceux qui s’achètent une barre chocolatée en sortant du travail, puis s’accordent une pause détente avec un apéritif à rallonge pour finir la soirée en grignotant des chips devant la télé prenaient la peine de comptabiliser tout ce qu’ils ont absorbé en une journée, ils réaliseraient d’où viennent leurs kilos superflus !

Pourquoi mange-t-on davantage lorsqu’on grignote ?

Tout simplement parce que les quantités d’aliments ingérées chaque fois sont trop petites pour induire un effet de satiété durable. On peut ainsi manger tous les quarts d’heure en ayant toujours aussi faim ! Si, en plus, on choisit des aliments à forte teneur en sucres simples, donc à index glycémique élevé, on déclenche de fortes sécrétions d’insuline qui ne feront qu’ouvrir davantage l’appétit… et incitent à retourner au plus vite vers le sucre pour corriger la légère baisse de glycémie qui suit l’afflux massif d’insuline.

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