Maigrir durablement

Peut-on mincir à tout âge ?

Il faut être réaliste : certaines périodes de la vie sont plus propices à l’amaigrissement que d’autres. Si l’homme, moins soumis aux brusques modifications hormonales, peut à priori maigrir efficacement à tout âge de la vie adulte, c’est plus compliqué pour la femme : perdre du poids devient difficile au-delà de quarante ans, et pour éviter les régimes vécus comme des échecs répétés, il faut parfois se contenter de résultats modestes, voire d’un simple ralentissement de la prise de poids. Quand la ménopause sera définitivement installée, le poids se stabilisera naturellement.

Mais s’il est encore possible de perdre quelques kilos après soixante ans, il ne faut plus espérer de résultat miraculeux, pour l’homme comme pour la femme. Plus on avance en âge, moins on peut placer la barre haut ! Et passé soixante-quinze ans, tout régime amaigrissant est non seulement inutile, mais dangereux pour la santé. L’entrée dans le grand âge s’accompagne en effet d’une diminution de la masse musculaire. Perdre du poids pourrait l’accentuer et augmenter le risque de maladies liées au vieillissement, diminuer la résistance aux infections et majorer le risque de chutes et de fractures. De plus, comme le surpoids est bien installé à cet âge, il résiste aux régimes, qui se soldent presque toujours par un échec. Mieux vaut veiller à conserver le plus longtemps possible une activité physique modérée et régulière qui aidera au maintien du poids et préservera le capital musculaire.

Lutter contre son poids : un combat perdu d’avance ?

Avez-vous remarqué comment votre poids, malgré les excès ou les efforts pour le contrôler, varie finalement entre des limites relativement étroites ? C’est parce que chacun de nous possède un poids de référence génétiquement déterminé : c’est le pondérostat, plus couramment appelé « poids de forme ». Son existence a été prouvée par les études (Stunkard et al., 1990 et Wardle et al., 2008) menées sur des couples de jumeaux : 75 % des jumeaux monozygotes (« vrais jumeaux », aux gènes identiques) placés dans des environnements différents avaient un poids identique, alors que des jumeaux hétérozygotes (ou « faux jumeaux », ayant des gènes différents) placés dans les mêmes conditions avaient une corpulence distincte !

Il existe donc un système, dans notre corps, qui régule notre poids et ajustera notre appétit de manière à le garder stable. Notre cerveau dispose d’un centre de contrôle affecté à cette tâche : grâce aux informations hormonales et métaboliques qui lui sont adressées, il module nos prises alimentaires en fonction de celles-ci. Voilà pourquoi, après un déjeuner pantagruélique, vous ne pourrez qu’avaler un petit bol de soupe au dîner : c’est votre centre de contrôle qui dit « stop ! ». Sans ce mécanisme qui calcule sans tablette toutes les calories de la journée, il suffirait de dépasser tous les jours vos besoins quotidiens d’une petite part de fromage ou un yaourt fruité pour prendre24 kgen un an !

Le revers de la médaille, c’est que, comme pour tout ce qui est déterminé génétiquement, on trouve de grandes disparités entre les individus. Or, si votre poids de référence ne vous convient pas, si vous vous trouvez trop gros (ou trop maigre !), votre organisme mettra malgré vous beaucoup d’énergie à garder ce poids aussi stable que possible ! C’est une des raisons qui nous fait si rapidement reprendre les kilos perdus à l’issue d’un régime. Il faut donc rester raisonnable lorsqu’on se fixe des objectifs, et savoir reconnaître que lorsque son poids se stabilise à un seuil, c’est souvent parce qu’il s’agit du poids de référence… qui n’est pas toujours le poids « idéal » dont on rêve !

L’obésité, une adaptation de l’espèce trop efficace ?

Nos ancêtres tiraient fierté de leurs kilos superflus : ils leur garantissaient la survie en cas de famine et prouvaient leur capacité à subvenir à leurs besoins. La mise en réserve résulte d’un programme génétique destiné à assurer la survie de l’espèce. Mais nos gènes n’avaient pas prévu la surabondance de nourriture, arrivée si vite à l’échelle du développement qu’aucun phénomène d’adaptation n’a pu se mettre en place. Et nous n’avons que faire aujourd’hui de ces réserves qui nous éloignent des canons actuels de la beauté et mettent paradoxalement notre santé en danger.

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