Déjouer les pièges

Quelles conséquences sur la santé ?

Pousser la porte du Mac Do ou du Quick une fois par mois n’a évidemment pas les mêmes conséquences sur la santé que si l’on en fait sa cantine favorite. Mais ce n’est pas parce que peu d’individus sont concernés par une fréquentation régulière qu’il faut se désintéresser de ses effets.

Les économistes de grandes universités américaines (Californie, Berkeley et Columbia) ont mené une étude auprès de trois millions d’élèves de troisième, dont les conclusions sont éloquentes : la présence d’un fast-food à moins de150 md’une école augmenterait de 5,2 % le risque d’obésité chez l’enfant. Une autre étude présentée à l’American Stroke Association (Janet Curie et Al., 2009) montre qu’une personne habitant dans un quartier où sont concentrés plus de 33 fast-food aurait 13 % de risque supplémentaires de faire un accident vasculaire cérébral (AVC) qu’un individu qui vit dans un secteur qui en compte moins de 12.

Dangereux pour la santé

Dans un film documentaire sorti en 2004 qui a fait grand bruit, Super Size Me, le réalisateur, Morgan Spurlock, apporte une preuve des dommages que peut causer à terme ce type d’alimentation. En adoptant pendant un mois une alimentation exclusivement basée sur les repas XXL proposés par MacDo, il prit 11 kg, vit son taux de cholestérol sanguin augmenter de 1,65 g/l et endommagea son foie de telle sorte que son médecin le somma d’arrêter ! Il mit plus d’un an à retrouver son état de santé initial.

Bien sûr, il s’agit là d’une situation extrême, assez éloignée des comportements couramment observés dans notre pays. Il est trop facile de faire reposer toute la responsabilité de la « malbouffe » de certains de nos contemporains sur le succès du fast-food. Certes, il en est un symbole, mais n’est-ce pas l’arbre qui cache la forêt ? Si l’on prend la peine d’éveiller nos enfants au bon goût de la cuisine, qu’on veille à maintenir plaisir et convivialité au sein de nos repas familiaux, le fast-food restera ce qu’il est pour la plupart des enfants et adolescents : une récréation amusante, le moyen de se retrouver entre copains (et, pour les ados, sans les parents !) et de déroger aux règles habituelles de bonne tenue. Au fil des ans, ils rejoindront tout naturellement la cohorte des usagers occasionnels, et ne feront jamais l’amalgame entre la satisfaction immédiate et régressive du Mac Do et le vrai plaisir d’un bon repas.

Le fast-food responsable de l’obésité ?

En 2004, les chercheurs de l’hôpital de Boston ont observé le comportement alimentaire de deux groupes d’adolescents après la prise d’un repas fast-food XXL (1 678 kcal en moyenne, soit 60 % des apports journaliers recommandés !). Le premier groupe, constitué de jeunes obèses, a vu son total calorique journalier monter en flèche, atteignant 2 703 kcal contre 2 295 les autres jours. Le second groupe, constitué d’ados de poids normal, a naturellement rectifié le tir en réduisant les apports caloriques le reste de la journée : ils ont consommé 2 500 kcal environ. L’étude permet de conclure que le danger de ce type de repas est nul pour qui sait percevoir les signaux de satiété : il n’induira pas d’obésité parmi ces jeunes. Il apparaît en revanche que cette perception fait défaut à la population de jeunes obèses, qui sont de fait beaucoup plus vulnérables face à ces repas.

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