Manger au quotidien

Superwoman est fatiguée de faire à manger

Il n’est pas très difficile de manger équilibré lorsqu’on est seul, mais comment faire lorsqu’on a toute une famille à nourrir, du bébé qui vous recrache la purée de brocoli à la figure à l’ado qui se croit à l’hôtel et ne prévient même plus s’il va rentrer dîner ? L’évolution de la condition féminine n’est étrangement pas équivalente dans tous les domaines : selon une enquête menée par l’Insee en 1999, c’est toujours aux femmes qu’incombent les deux tiers des tâches ménagères, et elles restent même 80 % à se charger seules du « noyau dur » du travail domestique : cuisine, courses, ménage et entretien du linge.

Depuis les années soixante-dix, les femmes sont entrées massivement sur le marché du travail. Elles représentent aujourd’hui 45 % de la population active en France. Pourtant, une femme assume 680 heures de travail domestique de plus dans l’année que son compagnon, soit dix-neuf semaines de travail de 35 heures.

Dix fois plus de troubles du comportement alimentaire chez la femme

Dans la grande majorité des cas, c’est la femme qui assume seule toute l’intendance liée à l’alimentation de la famille. Toutes ces bouches à nourrir, quand il ne faut pas aussi apporter une aide à la grand-mère en perte d’autonomie, nécessitent une somme de travail phénoménale : faire les courses, établir des menus équilibrés et adaptés aux goûts de chacun, cuisiner de bons petits plats en veillant à ne pas lasser les convives, penser au plateau-repas du lycéen qui reste déjeuner à la maison le mercredi et au goûter du petit dernier à déposer chaque jour dans le cartable, sortir les manuels de cuisine lorsque des invités sont prévus, etc. Comme si cela ne suffisait pas, s’ajoutent les contraintes budgétaires…

La mère de famille se retrouve donc malgré elle investie du rôle de super-intendante attachée au remplissage des estomacs de toute la famille, tout en tentant de mener une carrière professionnelle conforme à ses aspirations. Mais l’exploit ne s’arrête pas là, car la femme parfaite que nous vante sans cesse la publicité est aussi d’une minceur irréprochable, belle, active, dynamique, toujours en forme et souriante ? Eh oui, il faut passer une grande partie de son temps libre aux fourneaux sans jamais prendre un gramme, sans se laisser tenter par le grignotage, en résistant à l’envie de finir l’assiette du petit… et garder sa bonne humeur !

Comment s’étonner alors que les femmes souffrent dix fois plus de troubles du comportement alimentaire que les hommes, six fois plus d’ostéoporose, qu’une femme sur cinq n’ait plus de réserve en fer, et que neuf sur dix souhaitent maigrir, une sur deux luttant constamment contre son poids ?

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